As-tu besoin d’un statut tout de suite ?
Non. Tant que tu apprends, que tu t’entraînes et que tu ne factures rien, aucun statut n’est nécessaire. C’est même une erreur fréquente : créer sa structure trop tôt, par excès de zèle, alors qu’on n’a pas encore une seule mission.
Le statut devient obligatoire au moment précis où tu commences à être payé. Un closer est rémunéré à la commission par l’entreprise qu’il aide à vendre : c’est une activité indépendante, et facturer sans statut, c’est du travail dissimulé. La règle est donc simple : tu crées ton statut quand la première commission arrive, pas avant.
La micro-entreprise : le choix par défaut, et pourquoi il colle au closing
Pour débuter, la micro-entreprise (l’ex-« auto-entrepreneur ») est le statut adapté dans la très grande majorité des cas. Trois raisons, et elles épousent exactement la réalité du métier :
- Création gratuite et en ligne, en quelques minutes, sans capital.
- Pas de stock, pas de local — le closing se fait à distance, la micro n’a aucune charge fixe à porter.
- Cotisations sur l’encaissé : tu ne paies des cotisations que sur ce que tu gagnes réellement. Un mois sans vente, c’est un mois sans commission — et donc sans cotisation. Pour un revenu variable par nature, c’est décisif.
À la création, tu peux aussi demander l’ACRE, qui réduit tes cotisations de moitié pendant les quatre premiers trimestres — un vrai coup de pouce sur la période où tu gagnes le moins.
BIC ou BNC : le détail qui change ton taux
C’est le point que les guides génériques survolent, alors qu’il détermine combien tu paies. En micro-entreprise, tes cotisations sont un pourcentage forfaitaire de ton chiffre d’affaires encaissé, et ce pourcentage dépend de ta catégorie :
| Catégorie | Taux 2026 | Pour qui |
|---|---|---|
| Prestations de services BIC | 21,2 % | Prestations commerciales — le cas le plus courant pour du closing |
| Activités libérales BNC | 25,6 % | Relevé au 1er janvier 2026 (24,6 % en 2025) |
Le closing relève le plus souvent des prestations de services commerciales (BIC), donc du taux à 21,2 %. Mais selon la façon dont ton activité est déclarée, elle peut relever du BNC. Comme l’écart n’est pas négligeable, fais confirmer ta catégorie par l’URSSAF au moment de l’immatriculation plutôt que de le deviner.
Option utile : le versement libératoire de l’impôt, qui te permet, sous conditions de revenu, de régler ton impôt sur le revenu en même temps que tes cotisations, sous forme d’un petit pourcentage supplémentaire. Pratique pour lisser, mais pas toujours avantageux — à calculer selon ta situation.
Les seuils 2026 à connaître
Trois plafonds encadrent la micro-entreprise. Les confondre est l’erreur classique : le seuil de la TVA et celui du régime micro ne sont pas les mêmes.
| Seuil (prestations de services, 2026) | Montant | Ce qui se passe au-delà |
|---|---|---|
| Franchise de TVA — seuil de base | 37 500 € | Tu dois facturer la TVA à partir de l’année suivante |
| Franchise de TVA — seuil majoré | 41 250 € | TVA due dès le 1er jour de dépassement |
| Plafond du régime micro | 83 600 € | Tu sors de la micro et passes au régime réel |
Autrement dit : tu peux très bien devoir facturer la TVA (au-delà de 37 500 €) tout en restant en micro-entreprise (jusqu’à 83 600 €). Et non, le seuil unique de TVA à 25 000 € agité dans les médias début 2025 n’est pas entré en vigueur — il a été abandonné.
Quand la micro ne suffit plus
Tant que tu tournes sous 83 600 €, la micro reste le plus simple. Au-delà, ou si tes charges réelles deviennent importantes, deux voies s’ouvrent :
- La société (EURL ou SASU) : plus de formalités et de comptabilité, mais tu déduis tes frais réels et tu optimises ta rémunération. Pertinent surtout à revenus élevés.
- Le portage salarial : tu factures via une société de portage qui te reverse un salaire. Tu gardes un statut de salarié (et sa protection) contre des frais de gestion. Une option de transition, rarement la plus rentable sur la durée.
Pour la plupart des closers, cette question ne se pose pas la première année. Commence en micro, tu ajusteras quand — et si — ton chiffre d’affaires l’exige.
Le cas particulier du cumul avec un emploi
Si tu veux te lancer tout en gardant ton poste actuel, c’est possible et légal, mais il y a des règles propres au cumul — clause d’exclusivité, obligation de loyauté, moment de l’immatriculation. On les détaille dans notre guide dédié : devenir closer en gardant ton CDI.
D’où viennent ces chiffres
Les seuils de cette page proviennent des sources officielles : le plafond du régime micro (83 600 €) et les seuils de franchise de TVA (37 500 € / 41 250 €) sont publiés par service-public.gouv.fr, et les taux de cotisations par l’URSSAF.
Chiffres vérifiés en juillet 2026. La fiscalité de la micro-entreprise évolue chaque année (les taux BNC ont encore augmenté au 1er janvier 2026, la TVA a fait l’objet d’un débat en 2025). Avant toute décision, re-vérifie les montants en vigueur sur les liens officiels ci-dessus, et pour ta situation précise, un échange avec l’URSSAF ou un expert-comptable vaut mieux qu’un article.